3 raisons qui expliquent le déni des règles

Bonjour les déesses,

Est-ce que vous abordez le sujet des règles naturellement ? Est-ce que vous les attendez impatiemment ? Est-ce que vous savez actuellement dans quelle phase de votre cycle vous êtes actuellement ? Est-ce que les règles sont pour vous une période à honorer ou à oublier le plus possible ? Je vous pose toutes ces questions pour savoir si la tendance des lectrices du blog est celle que je côtoie tous les jours. Parce que franchement, les règles n’ont pas l’air d’être la préoccupation majeure des femmes que je connais, je dirais même que ce n’est pas du tout une préoccupation. « C’est plutôt le truc qui arrive tous les mois pour nous enquiquiner et nous empêcher de pouvoir vivre à 100 à l’heure ». Les règles moins elles y pensent et mieux elles se portent (enfin c’est ce qu’elles croient). Elles attendent que ça passe, c’est tout.

Je me suis interrogée sur le déni que les femmes font de leurs règles et parmi les ouvrages et témoignage que j’ai lu, j’en ai trouvé trois. Les voici :

 

La fausse égalité hommes-femmes

L’égalité hommes-femmes est un enjeu important actuellement. Les premiers mouvements féministes ont tenter de prouver au monde que les femmes n’étaient pas différentes des hommes et étaient dotées des mêmes capacités. Sauf que ce combat a mal débuté. Le principe de ce féminisme s’est plutôt efforcé de « faire comme les hommes ». Et c’est la que le bât blesse. Quand on regarde de plus près tout ça et que l’on se penche vraiment sur la situations des femmes aujourd’hui, on ne peut que constater que les femmes sont obligées de se débattre pour faire leur place dans un système patriarcal. Au lieu de s’efforcer à faire accepter aux hommes nos particularités et à marcher main dans la main avec nous; nous leur affirmons que les valeurs masculines sont les plus importantes et nous leur faisons comprendre que nous allons tout essayer pour y adhérer. Et c’est comme ça que nous délaissons nos particularités féminines, continuant ainsi à perpétrer la raillerie et le dédain pour les valeurs féminines.

En fait nous n’atteindrons pas l’égalité, mais l’enfouissement encore plus profond de la vie des femmes et de leur épanouissement. L’une des première particularité des femmes qui se trouve enfoui est le cycle menstruel.Vous trouvez ça normal que les règles soient cachées, tues et autant méprisées ? C’est en premier lieu à cause du fait que les femmes tentent de s’adapter au monde des hommes. Les règles ne sont pas une caractéristique masculines, alors il ne faut pas lui donner lieu d’être sous peine d’être vu comme une femme : faible et impure.

Excusez-moi de le dire, mais ça ce n’est pas l’égalité. L’égalité c’est d’accepter au même niveau que soit l’autre avec ses particularités et ses différences et non le contraindre à adopter des attitudes qui ne sont pas les siennes.

 

Le temps qui court

Notre société est dominée par l’intellect, le résultat et l’action. On n’a jamais le temps ! Pas le temps de faire du sport, pas le temps de voir les proches, pas le temps de se relaxer et encore moins le temps de s’occuper de ses règles. Nous sommes dans le monde de la force vive, des journées qui se rallongent face à la tonne de choses auxquelles nous devons faire face. Nous vivons dans le monde du soleil, l’archétype du masculin. Pas le temps, ni l’envie de s’attarder sur le monde lunaire, celui de la féminité; rythmé par des fluctuations incessantes en dent de scie. De toute façon elle n’a jamais le même visage, elle ne prend jamais la même direction. Alors s’il faut vivre en adéquation avec, ce n’est pas sans un investissement prenant. Alors trop peu pour nous. Le soleil, lui, est linéaire, il ne change pas; et c’est parfait pour être dans l’action constante.

C’est le drame que vit le cycle. En éternel recommencement, il n’est jamais stable, il change constamment. Le cycle ne s’adapte pas aux contraintes de la vie actuelle. Il nous fait perdre notre temps, alors que nous tentons de maintenir la tête hors de l’eau dans un monde noyé par la puissance masculine. Il vaut alors mieux l’oublier, si l’on veut être forte et constante.

Vous savez cette position là est la pire que nous puissions tenir. Parce que, plus nous étouffons notre cycle menstruel, plus nous nous perdons. C’est notre particularité et la renier équivaut à s’amputer d’un membre. Nous vivons en situation de handicap ! Le terme peut paraître trop fort pour vous, mais c’est le cas. Ne pas utiliser un de ses membres et organes équivaut à vivre avec seulement 80% de ses capacités. Et c’est ça qui nous rend faible, instable, aigri et pas sûr de nous. Car nous sentons bien que quelque chose nous manque, et c’est pour ça que nous manquons autant d’assurance. Le mode de société actuel nous prive de toutes nos capacités. Il est peut-être temps que nous les retrouvions, vous ne croyez pas ?

 

L’invisibilité

Parlez-vous des règles avec vos proches ? Comment votre mère vous a expliqué les règles et le cycle menstruel ? Est-ce que votre père abordait le sujet avec vous ? Et vos profs, votre médecin… ? Avouons-le; les règles, personne ne vous en a fait l’apologie. Et c’est à partir de nos premières règles que le malaise s’est installé. On a du vous expliquer que vous pourriez désormais tomber enceinte, ou encore comment être prévoyante pour ne pas vous taper la honte. Mais vous a-t-on expliqué la valeur de vos règles, la magie de la vie qui désormais se produit en vous à chaque cycle, votre connexion avec le cycle de la lune, l’influence de votre cycle sur votre corps et vos émotions ?

Si vous faites partie de celles qui ont eu un entourage qui leur a transmis cette connaissance du cycle menstruel, alors vous avez eu de la chance et j’en suis profondément heureuse et rassurée. Mais si vous êtes comme moi, que vous avez débuté votre vie de femme dans la honte et le secret, alors vous comprenez ce que ça fait de se sentir coupable de quelque chose. Coupable d’avoir des règles, voici comment j’ai vécu mon adolescence. J’ai appris très rapidement à ne pas m’exposer, à taire mes contractions utérines, à braver la douleur pour aller à l’école, à serrer les dents pour faire du sport alors que je souffrais et à multiplier les malaises pour avoir un peu de répit dans la pièce chaleureuse de l’infirmière (elle était gentil l’infirmière scolaire, qu’est ce que j’adorais sa bienveillance !).

Non-dit et camouflées, les règles sont pour ainsi dire invisible du panorama sociétal. Nos filles traversent leurs premières règles dans un flou total. Nous n’avons peut-être pas eu la chance de démarrer notre vie de femme de manière optimale, confiante et assurée, mais nous pouvons faire les choses autrement pour les jeunes filles en passe de connaître ce moment rempli de symbole. Nous devons pour ça nommer les règles et le cycle menstruel, en parler; prendre en considération et au sérieux les troubles qui peuvent accompagner les premières règles et accompagner réellement les filles vers une compréhension et une conscience des particularités du cycle.

 

Je n’ai trouvé que ces trois points pour expliquer le déni des règles. Peut-être en ai-je oublié d’autres ? Si vous en connaissez d’autres, partagez-le dans un commentaire. Ça pourrait aider d’autres femmes. Merci d’avance.

 

Prenez soin de vous,

Quéta

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