Supprimer les menstruations. La pilule en continu, tout ce qu’on ne vous dit pas

 

Le débat sur la pilule en continu  revient à grand pas dans le débat social. Tous le monde à son avis sur ce sujet et personne n’est d’accord. Pour la majorité des médecins il ne représente aucun danger pour les femmes et pour les professionnels de santé alternatif ainsi que les acteurs de la prévention de la santé des femmes, le principe de précaution devrait être employé.

En ce qui me concerne je ne vais pas faire de cachotterie et vous dire tout de suite que je suis du même avis que ceux qui préconisent de faire attention. Je vous explique pourquoi.

 

1/ On tente le coup de poker avec la santé des femmes

Il n’y a pas assez d’études sur les risques de la pilule sur la santé des femmes. À noter en plus que le peu d’études sur le sujet sont financées et orchestrées par les groupes pharmaceutiques qui produisent eux-mêmes ces contraceptifs. Ça met un certains malaise vous ne trouvez pas ?

 

 

2/ Le non-respect du libre-arbitre de fa femme

Même si les femmes ont en pratique le choix de leur moyen de contraception, il y a un flou total et un manque d’information sur les risques réels de la prise de complexes hormonaux. Et même lorsque les femmes confient à leur médecin ressentir quelques effets, ce dernier peut minimiser ces ressentis.

Ahhh les femmes ces éternelles chochottes, jamais contentes…!

 

3/ L’aspect social des menstruations

C’est cet aspect qui me préoccupe le plus je dois dire.

Car au-delà de l’impact sur la santé des femmes qui commence timidement à interpeller l’opinion public, il y a à mon sens un critère insidieux et vicieux dans ce désir de supprimer les règles. Car oui, nous parlons bien de rayer les règles de la vie des femmes.

Je me pose tout un tas de question sur ce point. Moi qui découvre au fil des mois toute la richesse du cycle menstruel, je suis attristée de constater ce besoin de le rayer de la vie des femmes. Je suis bien consciente rien que part mes échanges, que les règles sont vécues pour bon nombre de femmes comme un emmerdement. Mais de là à vouloir les supprimer !!…

 

Entendez bien que le propos de mon article exclu les femmes atteintes de pathologies tel que l’endométriose par exemple; puisque là on a affaire à une maladie. Mais les règles n’étant pas à mon sens une maladie je ne comprend pas pourquoi les femmes saines devraient les faire disparaître.

 

 

Le regard de la société sur les menstruations

 

Depuis que le patriarcat existe, les règles menstruelles font le lot d’utilisations à des fins sexistes en tout genre.

À l’époque d’Hippocrate et d’Aristote, soit IV siècle av. notre cher J-C, les menstruations prouvaient l’infériorité des femmes obligées de « purger leurs mauvaises humeurs par la saignée« . Cela les rendait impurs et les classait dans la catégorie des êtres faibles.

Pendant La Première Guerre Mondiale, il y a eu besoin de l’aide des femmes, et les menstruations sont alors devenues un élément de fertilité qui  » n’entravait aucunement  »  les femmes dans leur capacité. Elles n’étaient plus les personnes faibles de l’époque d’Aristote.

Aujourd’hui dans le soucis de maintenir la disponibilité de toutes dans le maintien de l’économie, les menstruations sont devenues un frein dans la productivité féminine. Les menstruations sont devenues handicapantes.

La femme est désormais dans notre société un outil économique, mais également un outil de plaisir,toujours disposée aux galipettes.

Et dans le futur ?

Déjà que l’on considère encore les règles comme « quelque chose de sale » et bien ça va être pire. Les femmes qui feront le choix de « garder » leur règles se retrouveront dans la case des femmes impures et sales. Un peu comme le débat hilarant (ou pas) des femmes qui choisissent de ne pas s’épiler.

 

 

L’arrêt des menstruations, utile… dans certains cas

 

À l’origine la pilule en continu était prescrite aux femmes souffrant de déficience intellectuelle, aux femmes qui présentaient des pathologies contre-indiquant la prise d’œstrogène, ou encore aux sportives de haut niveau dont le corps subit un rythme au-dessus de la normale. Autant dire que ce panel ne représente qu’une infime partie de la population féminine. Pas très rentable tout ça…

Le problème c’est que là où la pilule en continu était une solution « à court terme » pour régler un problème de santé grave (endométriose par exemple) elle devient un outil normalisé au même titre que du paracétamol ou de l’éosine.

 

Aujourd’hui on souhaite la standardiser et faire passer dans le même temps les menstruations pour une pathologie ou un handicap.

 » Les menstruations sont devenues les responsables des nombreuses « nouvelles » maladies qui touchent les femmes :l’anémie, l’arthrite, l’asthme, la dysménorrhée, l’endométriose, l’épilepsie, les migraines, la ménorragie et le syndrome prémenstruel « .

 » Si la femme n’a plus à porter les dix ou douze enfants qu’elle concevait autrefois, on peut considérer les menstruations comme un gaspillage de ses ressources. Les règles minent ses énergies, réduisent son taux de fer et causent un éventail de problèmes de santé mineurs (maux de tête, nausées, crampes et humeurs) et majeurs (pour celles qui souffrent de maux chroniques comme l’endométriose). La menstruation régulière […] est une fonction évolutive héritée de nos ancêtres et obsolète ; elle devrait être supprimée chez toutes les femmes en âge de se reproduire […] L’ère de la menstruation incessante a remplacé celle de la reproduction incessante. La nature n’a pas prévu cela ! C’est inutile et dangereux  »  Elsimar Couthino, concepteur de la pilule en continu Depo-Provera.

 

Eh bien ! Il n’y va pas de main morte.

Le docteur Elsimar Couthino affirme que toutes les femmes devraient cesser d’avoir leur règles car elles sont inutiles de nos jours. Ces propos ne me surprennent pas venant d’un médecin qui ne voit en l’appareil génital de la femme qu’un objet de reproduction.

Donc si les femmes ne veulent pas d’enfant, son appareil reproducteur doit être désactivé. C’est aussi simple que ça. Ben voyons !

Ce que les médecins et laboratoires pharmaceutique ne savent pas, c’est que le cycle menstruel n’est pas inutile et n’a pas qu’une fonction de reproduction. Elle est l’essence même de la féminité et est la véritable identité d’une femme.

Pour mon expérience personnel, mon cycle menstruel me révèle des choses incroyable sur moi-même et sur ma vie.

 

Automate ou androgyne ?

rayer la mention inutile

 

J’ai l’impression qu’il y a derrière tout ça, le souhait d’enlever les particularité des femmes et de les modeler selon le modèle sociétal. Un modèle linéaire, sans variations ni surprises. Des femmes qui ne sont pas épuisées par leur règles et qui peuvent assumer leur double journée. Des femmes qui ne solliciterons pas l’aide des autres, qui feront leur tâches sans broncher. Des femmes qui continuent à assumer le soin de la futur main-d’oeuvre salariale, tout en occupant leur fonction d’employée. Des femmes qui n’auront pas de période d’indisponibilité.

L’absence de cycle ne donne que ça; des vies vécues comme des machines construites sur le modèle masculin. Des machines qui pourront assumer leurs nombreux impératifs les doigts dans le nez, dispensant ainsi l’autre de s’adapter à son rythme cyclique.

Des machines qui ne s’embêteront pas à mener une introspection, qui ne recevrons aucun des messages qu’offre l’état contemplatif des menstruations ou qui ne pourront exprimer aucun des élans créatifs qu’offre la période pré-menstruelle.

 » La réduction de la fréquence des menstruations offrirait un avantage aux femmes en permettant à leur corps de concentrer ses énergies ailleurs  »   (Couthino et Segal, 1999 ; Kroi, 2004).

Hum, comprenons par « concentrer ses énergies ailleurs » : l’économie du pays, l’éducation de la future main-d’oeuvre et le lit conjugal.

Pour partager mon expérience, je fais l’amour réellement lorsque j’en ai envie, mais vraiment envie. Grâce à un cycle sain et actif j’ai réellement des périodes où je suis déchaînée.

Je trouve ça triste, ces femmes qui n’ont aucun désir, aucune envie et qui « se font prendre », car désolé c’est le terme, pour « qu’il lui fiche la paix et qu’elle puisse enfin récupérer de sa journée de dingue ».

 

Asservissement au modèle masculin

 

La femme n’est pas normale, puisqu’elle a des règles. Les hommes eux, n’en n’ont pas, et étant donné qu’ils sont  » la norme »… la femme ne peut qu’être désavantagée, n’est ce pas ?

« À force de représenter le corps des femmes uniquement comme source de problèmes potentiels, une conclusion s’impose insidieusement : plus on éliminera la spécificité du corps des femmes, mieux ce sera  » (Cahier de l’INEF, Mélissa NADER)

Je vois dans cette nouvelle tendance à vouloir imposer la pilule en continu à toutes les femmes un moyen supplémentaire de rendre les femmes disponibles et standardisées. La majorité des femmes déjà s’épilent le pubis grâce à une pression initiée, pour rappel, par le porno, les implants mammaires continuent à être un bel outil pour celles qui en ont les moyens; et voilà que maintenant nous allons toutes pouvoir être tout le temps  » propre  » pour les hommes.

Car il est clair que sans SPM, ni maladie de l’endomètre; l’arrêt des menstruations est plutôt une forme de singerie. Ressembler à tout prix au modèle masculin vu comme le plus performant et sans fluctuations. Ahhh si nous étions nées hommes, la vie serait plus simple !! Avouez que ça interpelle, non ?

 

Des effets insoupçonnés mais minimisés

 

La recherche de causes à effet suit une méthodologie que l’on trouve dans tous les domaines de recherches. Même vos dissertations datées du lycée sont basées sur une méthodologie unique qui permet de trouver les cause, de comprendre les effets et de trouver les solutions. Eh bien c’est pareil chez les scientifiques; on décompose, on analyse et on observe. Il en va de même pour les recherches et études menées sur le cycle menstruel et l’emploie des contraceptifs hormonaux. On a trouvé un moyen de bloquer la fertilité, ça fonctionne, c’est ok. On a malheureusement remarqué ensuite des cas de maladies cardiovasculaires, des recherches ont alors été menées sur la corrélation de ces maladies et la prise de la pilule. Maintenant u message de prévention a été fait pour prévenir les femmes que le tabagisme ne devait pas être associé à la prise de pilule.

Point barre.

Mais soyons claires, ces méthodes d’analyses ne peuvent être que partiellement satisfaisantes; il n’y a pas que les risques pulmonaires et cardiovasculaires.  La science est encore au stade amateur dans sa prise en charge du corps dans son intégralité. L’on découvre au compte-gouttes de nouvelles cellules et des interactions entre les différentes hormones et les capteurs des neuro-transmetteurs. La complexité de notre belle machine recèle encore bien des mystères.

Soyons franc, on ne connait que très peu les effets sur le long terme de la prise des dispositifs hormonaux, sans compter que les essais médical sur les maladies de notre siècle ne sont effectués en grande partie que sur la gente masculine. Et les recherches sont encore malheureusement influencées par les stéréotypes. Il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Si je reprends mon expérience sur la libido. Les problèmes d’érections sont traités par le monde médical. L’appareil génital de l’homme étant tourné vers l’extérieur donc visible, ces dysfonctionnements deviennent rapidement inquiétant pour le monde médical.

Mais en ce qui concerne la perte de libido des femmes, qui s’en préoccupe ? Personne ! Au contraire on prescrit largement aux femmes un médicament dont les premiers effets est la perte du désir sexuel. Celui-ci est mis au rang des effets indésirables  » minimes « ; là où pour un homme se serait préoccupant.

 

Une  perte de contrôle sur sa vie

 

Il y a des témoignages qui commencent à sortir au grand jour. Des femmes qui racontent leurs années difficile. Des idées noires, la perte d’ambition, l’abandon de leur projet, des crises de larmes à répétition, des difficultés à surmonter les obstacles… L’arrêt de leur pilule a signifier l’arrêt de ces états émotionnels fragiles.

Un médecin partage ses observations dans le rapport effectué par Mélissa NADER de l’IREF ( Institut de Recherches et d’Etudes Féministes) :

 » J’ai des patientes à l’occasion qui sont plus proches de leur corps, j’en ai encore une récemment qui me disait « j’ai arrêté la pilule depuis 3 mois, j’ai vu tout de suite une différence, j’avais plus envie d’avoir des relations, j’avais plus de libido, j’étais plus sûre de moi, j’étais plus confiante, dans les chicanes avec mon chum je m’affirmais plus, j’ai vu une différence dans ma psychologie », et ça m’a touchée. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça, c’est pas vrai mais certaines personnes peut-être. Je ne peux pas condamner la pilule mais il faut être vigilant, s’écouter. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend passivement, on a besoin d’être à l’écoute de son corps […] quand je parle de ça à mes confrères, ils me regardent bizarrement… »

Un bel exemple des possibles effets de la prise de contraceptif hormonal : la perte de volonté et une plus grande tendance à la soumission et à la résignation. Une tendance à subir plus aisément sa vie, c’est un peu comme enlever leur libre-arbitre aux femmes.

Bloquer l’activité des ovaires n’a pas exclusivement une incidence sur la fertilité, mais sur la production ovarienne d’hormones parallèles qui participent à la production d’adrénaline et d’hormones androgéniques. On sait que la prise de contraceptifs perturbent également le taux de vitamines B6 qui est nécessaire à la production de la sérotonine. La sérotonine est un neuromédiateur dont l’absence peut entraîner un état dépressif et une forte anxiété.

Comme je vous expliquais plus haut, toutes les interactions hormonales ne sont malheureusement pas prises dans leur ensemble par la Recherche.

 

Ce qui affecte l’essence de la féminité dans son ensemble est un risque pour  l’épanouissement de la femme, son estime d’elle-même, sa place dans la société et le sens qu’elle donne à sa vie. La suppression des règles et du cycle menstruel est pour la femme un risque de perte d’identité, qu’il est possible de minimiser certes, mais qui ne permettra pas à celle-ci de vivre sa vie de façon épanouissante, que ce soit sur le plan personnel, psychique ou social.

 

C’est ma vision des choses sur l’arrêt des règles.

Qu’elle est la vôtre ?

J’attends vos commentaires.

 

 

Avec tout mon amour

Quéta

 

 

 

Article écrit en phase dynamique

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