Libérez votre fille de sa tour d’Ivoire en célébrant ses premières règles

 

 

Comment devient-on une femme et à quel moment ? C’est la question qu’on s’est toutes posées au moins une fois.

Je me rappelle qu’à l’adolescence, on en parlait entre copines. Le première argument qui venait le plus souvent était le premier rapport sexuel.

Avec le recul je trouve que cette perception des choses est réducteur et incomplète. En fait on ne devient pas femme du jour au lendemain comme ça; parce ce que l’on a subit un coït. Car il est clair que le premier rapport sexuel est rarement le moment pendant lequel une femme jouit de plaisir. C’est souvent décevant et douloureux. Est-ce que la féminité serait donc acquise par ce passage décevant ? Je pense qu’au contraire lier le passage à la féminité au premier rapport sexuel  tend plutôt à associer inconsciemment la naissance de sa vie de femme à un événement mitigé. Et c’est dommage.

J’ai une fille et je ne veux pas qu’elle passe son adolescence à attendre  impatiemment qu’un jeune homme lui offre la clé de sa féminité. Sa féminité est déjà en elle et l’arrivée de ses premières règles, si elle est bien vécue, sera le premier processus vers son épanouissement.

Je pense qu’il faut apprendre aux filles qu’elles ne doivent pas chercher leur épanouissement dans le regard des autres.On peut s’imaginer que si la féminité se crée par un événement extérieur, eh bien toute sa vie on aura besoin de l’approbation de l’extérieur pour savoir comment se comporter.

Il n’y a malheureusement plus de rite de passage et on donne la mission aux hommes de nous rendre femme. Lorsque j’y réfléchis je trouve ça terrible.

C’est un peu comme le petit enfant qui jauge les réactions de ses parents, inquiet de leur appréciation à son égard et envers les actes qu’il fait. Mais c’est tout à fait normal ce sont ses parents.

Dans l’affirmation que c’est le premier rapport sexuel qui fait office de passage initiatique, les conséquences sont délétères dans la vie d’une femme et son rapport avec le monde. Elle se sera donnée à un homme, lui offrant ce que elle possède  de plus précieux et cela fait d’elle une femme !? Mais comment va t-elle garder ce statut à ses yeux, aux yeux de tous les hommes ? Elle va certainement jouer le jeu de la séduction, se parer des attributs qui plaisent, qui attirent. Elle sera enfermée dans cette nécessité de plaire qui la tétanisera lorsque elle sera sans maquillage, s’interdisant d’aller chercher sa baguette un dimanche. L’horreur !

J’imagine les choses autrement pour la génération à venir. Et si les filles affirmaient toutes seules leur  féminité  ?

Vous l’aurez compris je vous parle de célébrer les premières règles, la ménarche, les premières lunes. Si on vous avait dit que désormais vous étiez entrée dans le monde des femmes, si on vous avais rassuré, si on vous avais guidé; peut-être que vous auriez un rapport différent avec votre corps.Vous seriez certainement aujourd’hui sûr de votre féminité, vous seriez indépendante de toutes obligations imposées par la société, vous seriez libre et une femme assumée qui ne vit pas à travers les yeux des autres mais selon ses aspirations à elle.

Si l’arrivée de mes premières règles avaient été pris en considération, les choses se seraient passé différemment, je n’aurai sûrement pas passé toutes ces années à douter de ma féminité.

 

Le syndrome de la princesse et son prince charmant

Dans malheureusement tous les contes de fées, une jeune fille est prisonnière d’une vie malheureuse et son prince charmant la délivre de sa triste position en faisant d’elle sa femme.

Les choses ne sont pas si différentes que ça dans la réalité. Les jeunes filles voient en l’amour le moyen de se réaliser et de se trouver une place dans la société.

Ce genre d’attentes inconscientes perpétuent l’idée qu’on a besoin de quelqu’un pour être heureuse et épanouie. Que la femme est un être incomplet et insatisfaisant qui a besoin d’être transformé.

Permettre à sa fille de se suffire à elle-même et d’être fière de ce qu’elle est et de ses caractéristiques, c’est lui permettre de ne pas se jeter sur le premier mec qui la regarde, mais de prendre le temps de trouver la personne qui l’accepte tel qu’elle est.

L’arrivée des règles si elle est vécue dans la solitude, la culpabilité et la honte propage insidieusement dans les veines le sentiment d’être imparfaite. Cela sera la première preuve pour une fille que pour plaire elle devra se « réparer » et se modeler aux modèles standards.

 

 

Les premières règles sont les premiers pas vers  le monde des femmes, une transition douce entre le monde de l’enfance et celui de l’adulte. Cette transition, si elle empreinte d’un traumatisme, elle marque à vie.

Quelle femme ne se rappelle pas ses premières règles ? On s’en rappelle toute ! Les mots qui ont été prononcés par notre mère, grand-mère, tante. La réaction de notre père, de notre sœur, de notre frère. Les gestes d’attention ou le manque de mots rassurants et la mise à l’écart qui peut-être à suivi après cela.

Les réactions maladroites mettent un sentiment de vide qu’il sera alors nécessaire de combler par quelqu’un d’autre…le prince charmant, pourquoi pas. Il nous fait penser que nous sommes imparfaites, que quelque chose ne va pas chez nous.

Ne montez pas une tour d’Ivoire entre votre fille et sa féminité. Aidez-la à se construire de façon saine et épanouissante.

 

Les première règles, un moment décisif

 

Montrer une attention particulière aux premières menstruations de sa fille c’est lui donner les armes nécessaires pour s’imposer. Pour cesser cette prédisposition inconsciente à se sentir victime; un peu comme cet état passif arboré par les princesses des contes de fées.

C’est aussi lui apprendre à être une femme consciente,  assez sûr d’elle pour nourrir des projets, viser des objectifs et être persévérante.

Au lieu de perpétrer le déni ou la répugnance pour ce « fardeau » ou de minimiser son importance permettez-la de se lier à son essence, d’incarner sa vraie beauté, d’apprendre à s’aimer et être tranquille avec elle-même.

 

Afin de transmettre une bonne vision de sa féminité à votre fille, ses premières règles devraient être ponctuées d’une attention ou d’une célébration.

 

Voici quelques idées :

  • Une célébration entre femmes

Une réunion entre femmes de la famille pour échanger sur les règles, parler de ses expériences. C’est aussi un moyen de s’harmoniser avec d’autres femmes et de prendre conscience que nous vivons toutes cette étape.

 

  • Un temps de confidence

Pourquoi ne pas passer un moment privilégié, en tête à tête, pour se faire des confidences de femmes. Un dîner au restaurant ou une sortie au Spa par exemple.

 

  • Un présent symbolique

Offrir quelque chose de symbolique comme un bijou, un foulard, une pierre précieuse, un parfum …

 

  • Des conseils pour bien vivre ses règles

Donner des astuces pour soulager les possibles douleurs, offrir des huiles essentielles, apprendre comment se masser

 

Sans non plus en faire des tonnes, faire quelque chose de discret mais solennel lui permettra d’associer ses règles à quelque chose de sain et de gratifiant. Et entre nous c’est beaucoup mieux que de lui donner une gifle 😉

 

 

Comment avez-vous vécu vos premières règles ? Comment la nouvelle a t-elle été accueillie par vos parents ? Comment avez-vous accompagné votre fille dans cette étape ou comment le ferez vous lorsqu’elle vivra ce moment ? J’attends vos partage d’expérience 🙂

 

Avec tout mon amour

Quéta

 

 

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